AnalyseAchats et corruption

Fausse facture : la fraude qui passe par le circuit normal

3 min de lecture

Une fausse facture ne se cache pas : elle emprunte le circuit de validation, porte les bons tampons et finit payée comme les autres. C'est ce qui la rend si efficace, et si difficile à voir.

Trois formes, un même principe

La fausse facture fait payer à l'entreprise une prestation qui n'existe pas, ou pas à ce prix, ou pas à ce bénéficiaire.

  • La facture fictive : aucune livraison, aucune prestation, souvent des services difficiles à vérifier (conseil, études, maintenance).
  • La surfacturation : la prestation existe, mais le prix, la quantité ou la qualité facturés sont gonflés, l'excédent étant partagé.
  • La facture usurpée : un tiers imite un vrai fournisseur, avec ses logos et ses références, et fait payer sur son propre compte.

Pourquoi elle passe

Le contrôle des factures repose souvent sur la cohérence des documents. Or une fausse facture bien faite est cohérente. Quand un salarié de l'entreprise y participe, en créant le fournisseur, en validant la commande ou en attestant la réception, tous les documents concordent. Seule la réalité de la prestation, ou le lien entre les personnes, peut la trahir.

Les signaux d'alerte

  • Une facture sans bon de commande, ou un bon de commande établi après la facture.
  • Des prestations intellectuelles vagues, sans livrable identifiable.
  • Un fournisseur récent, sans site ni historique, ou dont l'adresse ou le RIB rappelle ceux d'un salarié.
  • Des montants juste sous les seuils de validation, une numérotation de factures étrangement continue.
  • Un acheteur ou un valideur qui tient à traiter seul certains fournisseurs.

Ce que risquent les auteurs, et l'entreprise

Pénalement, la fabrication et l'utilisation d'une fausse facture relèvent du faux et de l'usage de faux (article 441-1 du code pénal : trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende), souvent cumulés avec l'escroquerie ou l'abus de confiance.

Fiscalement, le risque concerne aussi l'entreprise : une facture ne correspondant à aucune livraison ou prestation réelle expose à une amende égale à 50 % de son montant (article 1737 du code général des impôts), et la TVA qu'elle mentionne n'est pas déductible.

Les contrôles qui fonctionnent

  • Le rapprochement systématique entre commande, réception et facture, par trois personnes différentes.
  • La création et la modification des fiches fournisseurs confiées à une personne qui ne commande ni ne paie.
  • La vérification de l'existence réelle des nouveaux fournisseurs : immatriculation, adresse, dirigeants.
  • L'analyse régulière des paiements : fournisseurs récents à fort volume, montants sous les seuils, coordonnées bancaires partagées.
  • La rotation des acheteurs sur les portefeuilles sensibles.

Questions fréquentes

Une facture qui ne correspond à aucune prestation réelle, ou qui en gonfle le prix ou la quantité, ou qui usurpe l'identité d'un vrai fournisseur pour détourner le paiement.

Le faux et l'usage de faux sont punis de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Sur le plan fiscal, une facture fictive expose à une amende égale à 50 % de son montant.

En vérifiant qu'elle correspond à une commande et à une réception réelles, que le fournisseur existe vraiment, et en surveillant les fournisseurs récents à fort volume ou les montants placés juste sous les seuils de validation.

Une entreprise qui a sciemment accepté une facture fictive s'expose à l'amende fiscale ; dans tous les cas, la TVA portée sur une facture fictive n'est pas déductible.

Sources

Article d'information, fondé sur les sources citées à la date de publication. Il ne constitue pas un avis juridique ; chaque situation appelle une analyse des faits.

Analyses

À lire aussi

Toutes les analyses

Un doute persiste ? Parlons-en en toute confidentialité.

Premier échange sans engagement, réponse sous 24 à 48 heures.

Étape 1 sur 3

Quel est votre besoin ?

Choisissez l'objet de votre demande.

Étape 2 sur 3

Votre entreprise

Effectif (facultatif)
Étape 3 sur 3

Comment vous répondre ?

Être recontacté

Quelques lignes suffisent. Inutile de nommer des personnes à ce stade.

Merci de renseigner votre nom, un e-mail valide, un message et votre accord.

Message envoyé.

Merci. Un des co‑fondateurs vous répond personnellement sous 24 à 48 heures ouvrées.

Votre message est prêt.

L'envoi direct depuis le site sera activé très prochainement. En attendant, ouvrez votre messagerie : votre message y est déjà rédigé.

Ouvrir ma messagerie →